Accueil Actions et Expressions Remettre en cause les aides au maintien, c’est condamner l’agriculture biologique !

Remettre en cause les aides au maintien, c’est condamner l’agriculture biologique !

Le 20 septembre, le ministre de l’agriculture Stéphane TRAVERT a annoncé que l’Etat arrêtera à partir de 2018 sa contribution aux aides au maintien en agriculture biologique. Il laisse donc la responsabilité aux Régions, gestionnaires du FEADER, de continuer ou non le financement de ces aides, mais sans qu’elles puissent mobiliser les crédits du ministère. Officiellement motivée par une volonté du gouvernement de « se recentrer sur les aides à la conversion », cette décision porte en réalité un coup terrible au développement de l’agriculture biologique en France.

L’agriculture biologique suscite des attentes fortes de la part des consommateurs comme de nombreux agriculteurs qui pourront y trouver une solution d’avenir pour leur ferme. Ces attentes ne doivent pas être déçues. La forte dynamique de conversion en agriculture biologique, que nous constatons en région Centre-Val de Loire comme ailleurs depuis 2015, est une excellente chose… à condition qu’il y ait bien les moyens nécessaires pour accompagner ce mouvement tout en continuant à soutenir les fermes déjà converties, car la sécurisation des filières et la stabilité des marchés en dépendent.

 

Les aides au maintien constituent une reconnaissance concrète de la fonction environnementale de l’agriculture biologique. La contribution des fermes biologiques à la protection des biens communs que sont l’eau, l’air, les sols, la biodiversité, la santé, dans l’intérêt général de tous les citoyens, doit absolument être valorisée.

 

L’arrêt des aides au maintien risque malheureusement de plonger l’agriculture biologique dans une crise très grave :

  • les exploitants en agriculture biologique, installés depuis plus de 5 ans, se trouveront face à des productions issues de la conversion, réalisées à des coûts inférieurs puisque davantage subventionnés ;
  • les fermes biologiques en place auront de la peine à trouver des repreneurs, puisque convertir une ferme conventionnelle sera plus intéressant financièrement ;
  • le risque d’un retour à une agriculture conventionnelle à la fin de la période aidée sera d’autant plus important que le niveau des aides peut entraîner des « conversions d’opportunité » (agriculteurs en difficulté, près de la retraite…).

Mis bout à bout, ces différents facteurs peuvent induire un effet inverse à celui recherché, c’est-à-dire à une diminution à terme des surfaces en bio, comme cela avait été le cas au moment des Contrats Territoriaux d’Exploitation (2003-2005). Le risque de perdre le savoir-faire et les systèmes des agriculteurs bio les plus expérimentés est important.

 

Alors qu’il a lancé des « États Généraux de l’Alimentation », le ministère ne peut pas décemment choisir de sacrifier une agriculture d’avenir au profit d’une industrie chimique du passé. Aujourd’hui, de nombreux paysans agissent pour montrer que des modèles plus respectueux des sols, de la biodiversité et de la santé humaine fonctionnent. Ce sont ces agriculteurs et les modèles qu’ils développent qui sont visés et mis en péril alors même qu'ils sont déjà les moins subventionnés.

Pour le climat, pour la qualité des produits, pour la santé des agriculteurs et des consommateurs, pour le respect des sols et des nappes phréatiques, pour l’emploi paysan, il n'est plus possible de reculer encore la transition nécessaire de l'agriculture.

 

Les élus du groupe écologiste au Conseil régional