Accueil Actions et Expressions Problèmes de sûreté à la centrale nucléaire de Belleville : passons aux énergies renouvelables !

Problèmes de sûreté à la centrale nucléaire de Belleville : passons aux énergies renouvelables !

Dans un communiqué publié le 13 septembre, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) annonce qu’elle « a décidé de placer sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher (18) ».  Il s’agit d’une procédure très rare, qui est déclenchée pour la troisième fois dans notre région, après Dampierre (Loiret) en 2006 puis Chinon (Indre-et-Loire) en 2013-2015. A Belleville, l’ASN a recensé 8 événements significatifs en 2016, « en particulier ceux ayant pour origine un défaut de surveillance dans la conduite des réacteurs ».

Cette décision intervient dans le contexte du « grand carénage », ce vaste programme industriel conçu par EDF, dont le coût est supérieur à 100 milliards d’euros et qui vise à rendre possible l’exploitation des centrales nucléaires au-delà de 40 ans. Alors que beaucoup de réacteurs, notamment dans notre région, ont déjà dépassé les 30 ans, c’est justement l’ASN qui va devoir se prononcer dans les prochaines années sur la sûreté de chaque réacteur au terme de visites approfondies.

Alors que le lobby nucléaire se veut rassurant, le risque d’accident nucléaire est concret et grandissant. Aucune centrale n’est à l’abri d’un problème technique, d’une erreur humaine, d’un acte de terrorisme ou d’un événement climatique. Il est urgent d’arrêter les centrales les plus anciennes… sans fuite en avant vers nouvelles chimères que sont les chantiers de l’EPR (projet de réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville) et d’ITER (projet de réacteur expérimental international à fusion thermonucléaire à Cadarache).

Au-delà du risque de catastrophe atomique, c’est tout simplement le réalisme économique qui doit nous conduire à engager la sortie du nucléaire :

-parce que les coûts réels de l’électricité nucléaire (déchets, démantèlement, chantier de l’EPR…) sont sous-évalués et que si on les additionne, l’argument du « nucléaire pas cher » s’écroule ;

-parce qu’en plus du pétrole, du charbon et du gaz, nous sommes obligés d’importer 100 % de l’uranium nécessaire au fonctionnement des réacteurs nucléaires : la France n’est donc pas « autonome énergétiquement grâce au nucléaire » mais au contraire totalement dépendante des pays exportateurs d’uranium (Niger, Canada, Australie, Kazakhstan…) ;

-enfin parce qu’il y a un véritable enjeu en terme d’emplois à reconvertir le savoir-faire et l’industrie du nucléaire français dans le démantèlement des centrales, de développement des énergies renouvelables et les économies d’énergie.

Le scénario négaWatt, dont une régionalisation a été financée par la Région Centre-Val de Loire, décrit précisément la trajectoire possible pour réduire à la fois nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et notre dépendance aux énergies fossiles et fissiles. Aller vers 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, c’est possible, à condition de faire preuve d’autant de volontarisme politique que celui qui a été de mise pour imposer l’atome en France !

Les élus du groupe écologiste au Conseil régional