Accueil Les 9 élu-es du groupe écologiste Christelle de Crémiers Présentation des deux nouveaux CAP touristiques

Présentation des deux nouveaux CAP touristiques

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Les aides économiques en matière de tourisme font partie des marqueurs forts de l'engagement de la majorité. C'est pourquoi les deux CAP tourisme qui vous sont proposés ici regroupent et renforcent à eux deux cinq dispositifs d'aide existants.

Le premier CAP : le CAP développement tourisme et loisirs

Nous avions auparavant un CAP innovation tourisme qui avait pour but d'inciter et de soutenir les initiatives innovantes sur le plan technologique ou logistique et à motiver l'émergence d'offres inédites.

Dans le cadre de la Loi NOTRe, le tourisme est désormais un domaine partagé, avec tout ce que comporte l'idée de partage en termes de coordination et de cohérence entre les différentes institutions qui partagent la mission du développement touristique. Il faut désormais ramer dans le même sens, sous peine de faire du sur place. J'insiste sur le soin particulièrement attentif qui a été porté par la Région au moment d'élaborer la stratégie régionale du tourisme et des loisirs de bien concerter les différentes attentes et visions des territoires, afin de permettre une réelle cohérence entre les schémas stratégiques des départements, des agglos et métropoles.

Or le coeur des politiques touristiques que nous partageons pour les années à venir est celui du développement du tourisme dans tous les territoires. Pour développer l'économie locale et l'emploi,  le tourisme est un outil précieux et accessible, et aucun territoire ne peut a priori être exclu de cette dynamique. Ce CAP développement tourisme et loisirs vise donc délibérément cet objectif en abaissant le seuil minimum d'éligibilité de 20 000 euros à 10 000 euros. Clairement, la Région mise sur l'émergence de très nombreux petits projets, plutôt que sur l'aide de très gros projets, mais très peu nombreux. Ce sont bien deux modèles différents : un modèle plus conventionnel qui consiste à donner beaucoup à très peu d'acteurs et à surfer ensuite sur la renommée de quelques destinations phare, et un modèle ambitieux pour les territoires qui croit dans le développement local.

Le CAP développement s'inscrit dans cette nouvelle situation de la politique touristique. Il reprend l'objet du CAP précédant qu'était l'innovation et il l'enrichit. Désormais, tous les types de projets touristiques qui contribuent au développement de l'attractivité du territoire sont potentiellement éligibles au CAP régional. Ce développement passe par l'amélioration de la qualité de l'accueil, la création et le renouvellement de sites de visite et d'activités. Le long d'une nouvelle véloroute, qui traverse des territoires où le tourisme était peu pratiqué, par exemple, des activités doivent être crées pour inciter l'allongement du séjour, ce que l'itinérance douce favorise. Les loisirs font désormais partie intégrante des activités qui peuvent être accompagnées. L'aménagement des bords des étangs relève à la fois du loisir et du tourisme et nous disposons désormais d'un dispositif adapté.

Comme auparavant, ce CAP s'adresse à des porteurs de projets privés et publics. L'intervention de la Région à travers ce CAP se concentrera sur des projets qui s'appuient sur une démarche collective et une mise en réseau, ainsi que sur la proposition au visiteur de vivre une expérience qu'il voudra renouveler. Il s'agit des deux axes clé de la démarche touristique privilégiée par la Région : ne pas agir seul, rechercher toujours des synergies avec d'autres acteurs complémentaires car cela favorise le renouvellement des activités proposées, ainsi que la recherche constante de l'amélioration de l'accueil des visiteurs, à travers la création de nouveaux services notamment.

Grande nouveauté, le CAP développement tourisme et loisirs permet désormais d'accompagner les actions visant à améliorer l'offre de restauration sous toutes ses formes et gamme tarifaire, à condition bien sûr de ne pas relever d'une chaîne ou d'un groupe, comme pour l'ensemble des dispositifs d'aide économique. En effet l'art de vivre constitue la colonne vertébrale de la stratégie de tourisme.

Enfin, le CAP développement tourisme et loisirs inclut les aides à la batellerie traditionnelle, en accentuant l'importance des prestations pour les touristes, sans pour autant exclure les projets exclusivement liés à la construction ou à la rénovation de bateaux patrimoniaux.

Ainsi, le CAP développement tourisme et loisirs permet une parfaite coordination avec les aides des autres collectivités et permet surtout de soutenir l'ensemble des initiatives qui répondent à la stratégie régionale.

Le deuxième CAP : le CAP hébergements touristiques pour tous

Nous avions auparavant trois dispositifs : un CAP hébergement, un CAP hébergement du tourisme pour tous et un appel à projets Abricyclo, appel qui sera ainsi pérennisé.

Je rappelle l'engagement à la fois important et constant de la Région pour la construction et la rénovation de l'hébergement touristique, sous toutes ses formes : hôtellerie, hôtellerie de plein air, gîtes et chambres d'hôtes... Ce sont plusieurs millions d'euros investis au cours de la mandature précédente. Avec les fonds européens (qui sont enfin arrivés avec trois ans de retard) cet engagement continuera encore plus loin. La Loi NOTRe a renforcé cette mission régionale qu'elle est seule désormais à exercer, même si, comme cela a été décidé en CTAP, l'accompagnement sera partagé avec les autres institutions et organismes en charge du tourisme.

Notre région manque d'hébergements et son parc est vieillissant. Avec le développement des itinérances douces qui traverseront des territoires peu ou pas autant touristiques que les autres, ce manque sera encore plus criant. Je saisis l'occasion qui m'est donnée aujourd'hui pour m'adresser particulièrement à vous chers collègues qui êtes également maires et élus municipaux dans notre Région. Relayez cet appel autour de vous : nous cherchons des porteurs de projet en hébergement touristique. Dites leur que la Région s'engage trois fois : pour les former, quelle que soit leur origine professionnelle, en poste ou en recherche d'emploi ; pour les accompagner auprès des établissements financiers si nécessaire ; enfin pour leur alléger la charge de l'investissement dans la construction ou la rénovation. Et pour ce dernier point, nous disposons désormais d'un CAP très complet.

Grande nouveauté du CAP hébergement : les aides forfaitaires. Les petits projets étaient exclus auparavant des aides régionales. Désormais, non seulement les projets d'un montant compris entre 10 000 et 40 000 euros seront éligibles, mais en plus le montage de leur dossier sera assez simple. Les projets éligibles à l'aide forfaitaire pourront être directement saisis en ligne dans le système régional des aides économiques. Cette nouvelle aide s'inscrit dans la même logique que celle que je viens de décrire : développer beaucoup de petits projets afin de densifier le réseau des hébergements sur le territoire régional.

Le positionnement du CAP hébergements connaît aussi une nouvelle orientation. A la faveur de la nouvelle stratégie régionale du tourisme qui fait de la qualité de l'accueil le fil rouge de l'ensemble des déclinaisons sectorielles, le nouveau CAP hébergements met en avant le confort thermique lié à la qualité de l'isolation, ainsi que l'utilisation de matériaux naturels et biodégradables à l'extérieur comme à l'intérieur des hébergements, non seulement dans le cadre de la politique régionale pour la préservation de l'environnement et du climat, mais aussi comme un critère à part entière de la qualité de l'accueil et de la fidélisation des clientèles.

Pour les constructions neuves, le financement de base n'est plus que de 10 %, au lieu de 20 % auparavant. Pour pouvoir bénéficier d'une bonification et aller jusqu'à 25 % du montant budgété (pourcentage qui peut doubler avec les aides européennes), le projet doit apporter des arguments en termes d'environnement, de qualité, d'emploi et de territoire. Ici aussi, une attention particulière est accordée aux territoires sous-équipés. Mais pour bénéficier d'une bonification, qu'elle soit liée au territoire, à la qualité ou à la création d'emploi, le critère environnemental est obligatoire. Ce critère Pour les projets de rénovation globale, la réalisation d'une étude préalable portant sur l'amélioration de la qualité thermique et énergétique du bâtiment est un critère d'éligibilité. Cette étude peut être financée en totalité par la Région avec un seuil maximum de 3000 euros.

Autre nouveauté, les projets peuvent bénéficier sur demande d'une aide au conseil, subventionnée à 50 % par la région, pour étudier l'opportunité économique de leur projet, la manière de le financer ou la conception et la manière de financer des projets de rénovation thermique et de performance environnementale.

En conclusion, à partir de cinq dispositifs éprouvés et reconnus au cours des années passés, la Région propose deux grands dispositifs pour le tourisme, à la fois plus simples, plus larges dans leur spectre d'intervention et totalement adaptés à la mise en oeuvre de la stratégie régionale.