Accueil Thématiques Aménagement du Territoire Point d’étape du SRADDT : transition énergétique, lutte contre l’artificialisation des sols…

Point d’étape du SRADDT : transition énergétique, lutte contre l’artificialisation des sols…

Intervention de Jean-Philippe Grand

 

Le Plan Climat Energie Régional (PCER) a été l'une des véritables plus-values du SRADDT voté en 2011. Complet, il fixe des objectifs de réduction par secteur d’activité. Parmi les éléments de diagnostic, on note que les bâtiments tertiaires et l’industrie représentent à eux deux 24% des émissions de GES et 58% de la consommation d’électricité.  Les objectifs de réduction des consommations d’énergies et des émissions de GES en 2011 pour l’industrie étaient de 30% et 40% pour le secteur du bâtiment tertiaire. Le document "Point d’étape du SRADDT" évoque des baisses qui sont loin d’être satisfaisantes mais qui doivent nous inciter à redoubler d’effort. C’est ainsi que la transition énergétique des bâtiments de l’appareil productif régional doit être un enjeu fort et partagé. Il est nécessaire, comme le PCER l’évoque, de travailler plus étroitement avec les acteurs économiques, notamment dans le cadre de Dev’up ou par l’intermédiaire des groupements.

Un autre sujet sensible est celui de l’artificialisation des sols qui continue d’augmenter et dont la tendance s’accélère. Entre 2006 et 2015, la région Centre-Val de Loire a perdu près de 50 000 hectares de terres agricoles, ce qui équivaut à la surface de la forêt d'Orléans. L’essentiel des terres artificialisées sont destinées à l’habitat individuel, aux zones d’activités et aux réseaux routiers. Cette diminution représente 1,2 % du territoire régional ce qui situe notre région à la sixième place française. Le ministre de la Transition écologique et solidaire envisage de faire de ce sujet une priorité d’action.  De la même manière, la lutte contre l’artificialisation des terres doit être une priorité du futur SRADDET.

Ceux qui me connaissent et écoutent mes interventions dans cet hémicycle ou celui de la métropole orléanaise ne seront pas surpris que j’aborde ici la problématique des friches urbaines.  En la matière, accompagner les reconversions de friches est un enjeu structurant. Il ne peut être conçu et réalisé sans tenir compte de la transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique. Trois enjeux opérationnels apparaissent fortement : le potentiel de production énergétique inhérent à ces espaces, le maintien d’espaces de nature en ville, et la mixité fonctionnelle au cœur des espaces urbains. La requalification des friches ne peut s’inscrire que dans la moyenne et longue durée d’un projet d’aménagement régional. Outre les SCOT et les PLUi, ce sujet pose, comme cela avait été identifié dans le SRADDT, la question de la mise en œuvre d’un Établissement Public Foncier Régional (EPFR)…

Je terminerai par  un sujet qui me tient également à cœur. Les zones d’activités offrent de nombreuses opportunités de synergies pour une meilleure maîtrise des consommations d’énergie et pour le développement de technologies de production d’énergies renouvelables. Les PME qui composent majoritairement ces zones d’activités sont une cible prioritaire car elles sont confrontées à des difficultés plus importantes que les autres pour ce qui est de l’énergie. La coopération entre plusieurs entreprises d’une même zone est une des clés pour exploiter ces potentiels d’économie et d’innovation et réduire les coûts associés.