Accueil Les 9 élu-es du groupe écologiste Charles Fournier Des enjeux à intégrer dans la future stratégie touristique

Des enjeux à intégrer dans la future stratégie touristique

Intervention de Charles Fournier

 

A l’occasion de cette communication, je voudrais mettre en lumière quelques sujets qui me paraissent pouvoir trouver dans la future stratégie tourisme en complément d’autres interventions.

Une approche d'une économie touristique qui irrigue les territoires. Le positionnement "Nature, Culture et Art de vivre ensemble" correspond bien aux réalités de notre région avec une offre très diversifiée qui permet que l’économie touristique irrigue les territoires.Si les grands sites du Val Loire sont emblématiques et restent la tête de gondole, ce que pousse la Région est bien un travail en réseau, tant entre eux qu’en lien avec les territoires.

Les sites et monuments restent le premier élément d’attractivité : sur 10 millions de visiteurs par an,  les 14 sites de la démarche d’excellence des Grands Sites accueillent à eux seul 3,5 millions de visiteurs. 3 sites enregistrent plus de 500 000 visiteurs payants par an : le zoo de Beauval, le château de Chenonceaux, le château de Chambord.

Si  bien sûr, il est utile de soutenir les grands sites touristiques, il est tout aussi indispensable de contribuer à une meilleure répartition de l’économie touristique en soutenant des dynamiques territoriales favorables pour renforcer l’activité de petits opérateurs, le fonctionnement en réseau et les synergies, le développement d’une offre sortie des sentiers battus.

Mais il faut pousser encore plus les grands sites à jouer ce jeu collectif. Contrairement à Beauval, tête de pont dont la stratégie de développement internalise les prestations connexes (restauration mais aussi hébergement) : Beauval ne joue pas le jeu avec le territoire.

Ce qui nous intéresse par contre dans leur démarche, c'est leur stratégie très centrée autour des clientèles de proximité (note région, régions avoisinantes et notamment bassin parisien). Une stratégie fructueuse de fidélisation avec plus de 60% de touristes qui sont déjà venus.

Les grands sites ont d’ailleurs bien compris l'enjeu et s’inscrivent à présent dans les itinéraires cyclables qu’on développe (Chambord, Beauval).

 

L'allongement des saisons, avec notamment le tourisme scolaire, le tourisme d'affaires... On est passé de 1,5 nuitée en 1998 (lorsque la gauche et les écologistes ont pris les rênes de la Région) à 5,6 aujourd’hui. Les itinérances douces y contribuent largement. Cela passe à la fois par le type de tourisme mais aussi par l’élargissement des ailes de saisons.

Il y a quelques années, traditionnellement la saison se cantonnait aux vacances scolaires et notamment juillet et août. L’évolution du temps libre, notamment en lien avec les RTT, a modifié les pratiques et multiplier les courts séjours, en particulier sur les ailes de saison (longs week-ends, …). La Loire à vélo connait une saison qui s’étend d’avril à octobre, en témoignent aussi "les échappées à vélo" qui s’étendent de mai à octobre. C’est aussi le travail sur des publics/clientèles spécifiques comme le tourisme d’affaires ou les séjours scolaires.

 

Tourisme et développement local (notamment tourisme associatif à vocation sociale). Le tourisme est  un facteur de socialisation tout comme il est un facteur de développement local, en particulier dans nos espaces ruraux et j’aimerais développer ces deux points en soulignant le rôle joué par les acteurs du tourisme que l’on appelle le tourisme associatif à vocation sociale. Ils sont sans nul doute, ceux dont l’objet est plus directement centré sur cette double ambition de socialisation et de participation au développement local. L’UNAT représente l’essentiel de ces acteurs.

Au niveau national plus de 40 % des équipements du tourisme associatif sont situés en milieu rural, ce à quoi n’échappe évidemment pas notre région (35 % des établissements sont implantés dans des communes rurales, de moins de 2 000 habitants. Ces implantations se font le plus souvent dans des territoires isolés et peu habités et leur présence constitue un facteur de développement incontestable et incontesté. Ils proposent une activité annuelle avec une ouverture approchant en moyenne les 11 mois par an. Ils développent le plus souvent des services qui contribuent à améliorer les conditions de vie des populations locales et à animer les territoires. Parfois même, ils vont plus loin et contribuent au maintien de services publics locaux (transports et restaurations scolaire par exemple) ou bien au maintien de commerces de proximité, etc.La prise en compte de ces besoins par les équipements touristiques a certainement contribué au « mieux vivre » des populations locales et à freiner l’exode rural et le déclin de certains territoires...

Ils sont en capacité de répondre aux besoins du tourisme de groupe qui est un atout dans le développement d’un tourisme tout au long de l’année, d’un tourisme de nature : classes transplantées comme par exemple les classes vertes, les échanges internationaux de jeunes, les clubs du troisième âge, les séminaires d’entreprises... C’est évidemment une opportunité économique pour les territoires qui bénéficient de la présence d’un tel établissement.

 

La loi NOTRe nous demande de faire un Stratégie Régionale de Tourisme et de Loisirs. Si la question des loisirs revient sur la table, c’est bien parce qu'il y a un véritable enjeu national lié à la fracture touristique à l’heure ou une offre touristique pour tous et l’accès à des loisirs, y compris des loisirs gratuits, à l’heure où seulement 40% des plus modestes partent en vacances et où ce chiffre ne cesse d’augmenter.

Ce n’est pas un luxe, c’est un droit que nous devons pouvoir faire progresser. Le tourisme peut être et doit être aussi social.Il y a donc là aussi des segments de populations exclus de l’offre, que notre stratégie doit prendre en compte. Le profil du touriste de notre région en atteste assez clairement : plutôt âgé, plutôt actif et j’irai même jusqu’à dire plutôt aisé au regard de la moyenne dépensée par jour par ce touriste moyen.

Le TAVS (Tourisme Associatif à Vocation Sociale) est porteur d’un réel brassage social, Il accorde une attention particulière à l’accueil de toutes les composantes de notre société : les familles, les enfants et les jeunes, les seniors ou bien encore les personnes handicapées, les exclus. Il représente pas loin de 50 établissements implantés dans tous les départements de la région et répartis en villages de vacances, maison familiale de vacances, centres d’accueil de jeunes, centre sportifs et autres hébergements. Les hébergements totalisent près de 6500 lits soit 5% de l’offre d’hébergement marchand régionale (en 2008), pas loin 500000 nuitées et 650 emplois permanents. C’est 8% des emplois du secteur.

 

Tourisme éthique, responsable, solidaire... Lien avec la coopération. Un tourisme qui favorise l’accueil, la reconnexion à la nature et ses rythmes, l’échange culturel, la découverte de la différence et le lien avec l’extérieur, autant d’attentes grandissantes qui représentent aussi des antidotes au repli et à l’ignorance.

Mais le tourisme c’est aussi le départ vers ailleurs. Notre région peut aussi soutenir une pratique du tourisme équitable et solidaire et les acteurs qui s’y engagent.

Le tourisme équitable et solidaire est fondé sur le respect de la personne, des cultures et de la nature avec l’objectif de profiter directement aux pays du Sud, en valorisant les ressources et le patrimoine locaux. Il s’inscrit dans une logique de développement des territoires et d’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique. Il applique les principes du commerce équitable. Les opérateurs touristiques sont en partenariat direct avec les communautés locales, qui sont rémunérées équitablement et participent directement à l’élaboration commune et à la gestion des séjours.

Le tourisme équitable et solidaire est ainsi un outil d’aide au développement local des territoires d’accueil du voyageur. Le voyageur a donc la garantie que les sommes qu’il paie sont reversées en grande partie aux populations locales, qui gèrent l’activité et accroissent en conséquence leur autonomie. Viser des projets de coopération avec nos zones prioritaires autour du tourisme à vélo, autour d’un tourisme équitable et solidaire.

 

Le tourisme, c’est aussi l’affaire de tous, la promesse d’accueil, la qualité d’une destination, ce sont aussi les gens qui vivent dans les territoires. Des initiatives citoyennes se multiplient comme par exemple les "greeters", qui cherchent à développer une autre relation aux touristes. "A vos ID !" soutient aussi des initiatives favorables à l’émergence de projets touristiques locaux, complémentaires de l’offre.

 

Il y a aussi un enjeu de mobilité : il nous faut aussi développer une politique de transport adapté. Nous devons rénover notre réseau ferré, proposer des services train-vélo, car-vélo. Les touristes doivent pouvoir accéder facilement à nos territoires.

Voici quelques enjeux que notre stratégie pourra intégrer dans le prolongement des propositions de la communication soumise à notre débat.

 

Merci.