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Aides à l’agriculture biologique : il y a urgence !

Le groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire est solidaire du rassemblement qui a eu lieu ce matin devant la Préfecture de Région, à l’appel du groupement régional des agriculteurs biologiques. Une délégation a ensuite été reçue par l’exécutif du Conseil régional.

L'agriculture traverse une crise structurelle majeure qui doit amener à des évolutions techniques, économiques et sociales de son organisation. L'avenir de l'agriculture est lié à des prix stabilisés, supérieurs au prix de revient des productions, mais aussi à la diminution de ses impacts négatifs sur l'environnement.

L'agriculture biologique s'est développée malgré des aides moins importantes que l'agriculture conventionnelle. Les fermes en agriculture biologique ont des effets favorables sur la biodiversité et sont moins dépendantes des industries d'aval. Dans notre région, elles emploient 2,8 personnes en moyenne quand les autres fermes en emploient 1,5. Les produits qu'elles proposent sont exempts d'OGM et de pesticides, ce qui répond à la demande des consommateurs comme à un objectif de santé publique.

En mars 2013, le Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, présentait les grandes orientations du programme « Ambition Bio 2017 », avec un objectif de doubler en 4 ans les surfaces et d’augmenter fortement la consommation française de produits issus de l’agriculture biologique. Malgré cette annonce, l’Etat n’a pas dégagé de moyens à la hauteur de cette ambition. Pour payer les aides à la conversion et au maintien en 2016, il n’a prévu que 1,2 M€ en Centre-Val de Loire alors que l’Aquitaine bénéficie de 11 M€. Et il refuse de modifier le cadre qui permettrait de verser une aide au maintien, seule aide spécifique à l’agriculture biologique, dont il vient pourtant de reconnaitre, avec le rapport INRA, les bienfaits sur l’environnement, l’économie et le social.

Aujourd’hui, c’est tout simplement l’avenir de l’agriculture biologique qui est en jeu ! Alors que les dossiers d’aides 2015 ne sont toujours pas instruites, il a été indiqué lors du Comité bio régional du 9 décembre dernier que les enveloppes financières pour l’agriculture biologique étaient largement consommées, que l’aide à la conversion pour 2016 et 2017 serait difficilement financée (alors que des producteurs ont déjà engagé leur conversion) et que l’aide au maintien pourrait tout simplement ne pas être financée à partir de 2016.

A l’échelle régionale, les élus écologistes se sont mobilisés depuis plusieurs années pour que le développement de l’agriculture biologique constitue une priorité du FEADER. Nous avons demandé en conséquence que des moyens financiers suffisants soient prévus dans le Programme de Développement Rural Régional (PDRR) 2014-2020 afin d’assurer à la fois la conversion de nouvelles exploitations et le maintien des fermes biologiques existantes.

La forte dynamique de conversion en bio en région Centre-Val de Loire depuis 2015 est une excellente chose, à condition de l’accompagner tout en continuant à soutenir les fermes déjà converties car la sécurisation des filières et la stabilité des marchés en dépendent. C’est d’ailleurs une orientation du Schéma Régional de Développement Economique (SRDEII) adopté aujourd’hui : « amplifier le rythme de conversion des surfaces en agriculture biologique et conforter les surfaces converties » (page 18).

Une recherche de solution est engagée, la Région doit peser sur l’Etat pour que cela aboutisse rapidement, afin qu’il puisse être apporté la garantie aux producteurs que les aides PAC à la conversion et au maintien en bio seront bien instruites et versées en région Centre-Val de Loire. Non seulement il n’est pas envisageable que les aides au maintien en agriculture biologique puissent disparaître des aides du FEADER, mais les moyens doivent être trouvés dans le deuxième pilier de la PAC pour financer la conversion et le maintien jusqu’en 2020.

Le développement de l’agriculture biologique répond à une demande des citoyens, les pouvoirs publics doivent être à la hauteur.

Les 9 élus du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire