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Agriculture et transition écologique

Intervention de Benoît Faucheux

 

Monsieur le Président, chers collègues, comme vice-président délégué à l’environnement et à la transition agro-écologique, et comme élu écologiste, j’apprécie bien évidemment que notre politique se fixe comme orientation principale d’être un territoire pionnier et exemplaire pour la transition agro-écologique.

L’agro-écologie ne peut se résumer à l’agriculture biologique, mais ce mode de production est certainement la forme la plus aboutie d’agro-écologie. Et en la matière nous sommes dans les dernières régions en part de surface agricole consacrées au bio.

Dans ces conditions, qu’est-ce qu’être pionnier ? En Amazonie, le front pionnier agricole avance en défrichant la forêt amazonienne, pour créer des pâturages, et ensuite les mettre en culture. En région Centre-Val de Loire, nous sommes finalement dans une situation inverse : c’est le front pionnier de l’agro-écologie qui avance. Il a beaucoup progressé dans les régions viticoles, plusieurs AOC ont maintenant 25 à 30% de leur surface en bio. Et il avance là où presque tout est à faire, dans les plaines céréalières, avec une progression sans précédent de conversion à l’agriculture biologique. En revanche, même si l’agriculture biologique progresse dans les régions de polyculture-élevage, nous pouvons être inquiets de la situation dans ces territoires où l’on assiste à une réduction très significative de la part de prairies permanentes dans la surface agricole.

Compte tenu de ces éléments, le terme pionnier me semble donc approprié.

Comme ma collègue Michelle Rivet, je m’interroge sur le terme compétitivité et le trouve inapproprié.

L’agriculture peut être compétitive, sous-entendu pour exporter sur les marchés internationaux, avec peu de producteurs, ne gagnant d’ailleurs pas forcément très bien leur vie. Les subventions du premier pilier de la Politique Agricole Commune permettent à l’UE d’exporter en dessous de ses coûts de production. Cette pseudo-compétitivité ne tient compte ni des coûts environnementaux et sociaux chez nous, ni des destructions de la paysannerie dans les pays du tiers-monde. Et elle rend les producteurs extrêmement vulnérables aux fluctuations des cours mondiaux. C’est tout le contraire du projet de la transition agro-écologique.

L’objectif pour nous écologistes est plutôt qu’il y ait des paysans nombreux, qu’ils gagnent correctement leur vie, en produisant avec des méthodes se rapprochant le plus possible de l’agro-écologie. Pour cela nous préférons jouer la carte de la relocalisation des productions, avec la mise en place de systèmes de production et de consommation alimentaire à l’échelle des territoires de la région.